Vian, Moustaki, Brel, Ferré e Brassens: os cinco poetas franceses da Anarquia


 

 

 

 

Ao contrário do marxismo que, como o próprio nome indica, começou por ser uma teoria de intelectuais e universitários, seguida por artesãos e pequeno burgueses,  e só depois propagando-se entre os trabalhadores, o anarquismo começou por ser um movimento dos despossuídos, dos mais pobres e excluídos, dos operários e dos sem-ninguém e só depois começou – pela sua coragem e verticalidade – a ganhar a admiração dos intelectuais, dos universitários e de muitos artistas em todo o mundo.

Sendo uma corrente de opinião popular, arreigada no sentimento geral dos povos, continua a ser um instrumento de libertação para os que mais sofrem e que são mais explorados, mas contém também em si os germens da liberdade e da criatividade que fazem com que as ideias libertárias estejam espalhadas e sejam adoptadas um pouco por todos os sectores,  incluindo os sectores da arte e da criação.

Hoje muitos artistas reivindicam-se do espaço libertário, um espaço que alarga os horizontes para além dos estereótipos da classe e das mentiras do partido único. Mas este fenómeno não é de hoje. Em França, por exemplo, coexistiram na mesma geração, entre outros, cinco “monstros sagrados” que se reivindicavam – e alguns militaram mesmo – no espaço anarquista -: Boris Vian, Georges Moustaki, Jacques Brel, Leo Ferré, George Brassens. Cinco poetas da liberdade e da vida. Cinco vozes inconfundíveis. Ainda hoje – sobretudo hoje – tão actuais.

Brel, Brassens, Ferré – Que Pensez vous de l’Anarchisme?

Reprodução:

– Vous avez tous, à un moment ou à un autre de votre existence, ou même encore maintenant, flirté avec les mouvements anarchistes ou libertaires… Pour Brassens ce fût une époque, pour Brel un surnom, et pour Ferré c’est encore une cause militante, un prétexte à des récitals presque insurrectionnels…

* FERRÉ : Non ! Je ne suis pas, je ne peux pas être un militant. Je ne peux pas militer pour quelque idée que ce soit car je ne serais pas libre. Et je crois que Brassens et Brel sont comme moi, parce que l’anarchie est d’abord la négation de toute autorité, d’où qu’elle vienne. L’anarchie a d’abord fait peur aux gens, à la fin du XIXe siècle, parce qu’il y avait des bombes. Après ça les a fait rigoler. Ensuite, le mot anarchie a pris comme un goût mauvais dans la bouche des gens. Et puis, depuis quelques mois, singulièrement depuis mai, les choses se sont remises en place. Je vous assure que quand vous prononcez le mot anarchie, ou anarchistes, même en scène, les gens ne rigolent plus, ils sont d’accord, et ils veulent savoir ce que c’est.

* BRASSENS : C’est difficile à expliquer, l’anarchie… Les anarchistes eux-mêmes ont du mal à l’expliquer. Quand j’étais au mouvement anarchiste — j’y suis resté deux ou trois ans, je faisais Le Libertaire en 45-46-47, et je n’ai jamais complètement rompu avec, mais enfin je ne milite plus comme avant — , chacun avait de l’anarchie une idée tout à fait personnelle. C’est d’ailleurs ce qui est exaltant dans l’anarchie : c’est qu’il n’y a pas de véritable dogme. C’est une morale, une façon de concevoir la vie, je crois…

* BREL : …Et qui accorde une priorité à l’individu !

* FERRÉ : C’est une morale du refus. Car s’il n’y avait pas eu au long des millénaires quelques énergumènes pour dire non à certains moments, nous serions encore dans les arbres !

* BREL : Je suis entièrement d’accord avec ce que dit Léo. Cela dit, il y a des gens qui ne se sentent pas seuls ni inadaptés et qui trouvent leur salut collectivement.

* BRASSENS : Bien sûr. En ce qui me concerne, je ne désapprouve jamais rien, les gens font à peu près ce qu’ils veulent. Je suis d’accord ou je ne suis pas d’accord, c’est tout. Parce que j’avais dit ça, on m’a souvent reproché de ne pas vouloir refaire la société. C’est que je ne m’en sens pas capable. Si j’avais des solutions collectives…

* BREL : Mais qui, qui a la solution collective ?

* BRASSENS : Il y en a qui prétendent l’avoir. Mais dans le monde actuel, il n’y en a pas beaucoup qui semblent la détenir… [rires] Moi, je ne sais pas ce qu’il faut faire. Si je le savais, si j’étais persuadé qu’en tournant à droite ou à gauche, en faisant ceci ou cela, le monde allait changer, je la sacrifierais ma petite tranquillité ! Mais je n’y crois pas tellement…

– Léo Ferré ?

* FERRÉ : Moi je suis moins lyrique que lui…

* BRASSENS : …Toi, Léo, tu es complètement désespéré !

* BREL : Il y a un phénomène d’impuissance aussi, qui est absolument affreux, quoi…

– Vous avez donc vraiment l’impression de ne rien pouvoir faire ?

* BRASSENS : Non, je fais quelque chose auprès de mes voisins, de mes amis, dans mes petites limites. Je pense d’ailleurs que c’est aussi valable que si je militais quelque part… Ne pas crier haro sur le baudet, c’est une forme d’engagement comme une autre.

* FERRÉ : Je trouve que Georges, dans son cœur, il milite bien plus que moi. Parce que moi, je ne crois plus en bien des choses auxquelles il veut croire.

* BRASSENS : Je fais semblant, Léo. Je fais comme lorsque l’amour s’en va. Je fais semblant d’y croire, et ça le fait durer un petit peu…

* FERRÉ : Non,non. Quand l’amour s’en va, il est déjà parti depuis longtemps !!

Anúncios

2 comments

Deixe uma Resposta

Preencha os seus detalhes abaixo ou clique num ícone para iniciar sessão:

Logótipo da WordPress.com

Está a comentar usando a sua conta WordPress.com Terminar Sessão / Alterar )

Imagem do Twitter

Está a comentar usando a sua conta Twitter Terminar Sessão / Alterar )

Facebook photo

Está a comentar usando a sua conta Facebook Terminar Sessão / Alterar )

Google+ photo

Está a comentar usando a sua conta Google+ Terminar Sessão / Alterar )

Connecting to %s